Exposition « Je peux te voir en peinture »

« Je peux te voir en peinture » 

Le Séchoir

du 14 avril au 28 mai 2017 – Le Séchoir

Vernissage vendredi 14 avril à 18h30

Une exposition peinture avec la participation de 17 peintres

Nicola AramuMarie Paule BilgerFrançoise Courgeon Jean Baptiste DefranceFanny DelquéDaniel DiminskyGéraldine HussonCaroline GrimalElise HavetJean Louis KuntzelAndré MaïoMarie MinaryDom PoirierDenis ScheubelSopa FloraSandrine StahlMarion Stoll.

Nous vivons aujourd’hui à l’heure de la banalisation de l’image personnelle, de l’étalement de la vie privée où le « moi » nourrit jusqu’aux réseaux sociaux. Qu’en est-il de l’intime aujourd’hui ? Existe-t-il dans l’art aujourd’hui ? Dans la peinture en particulier ?

L’exposition « JE PEUX TE VOIR EN PEINTURE » s’appuie sur les écrits de Berrebi-Hoffmann Isabelle qui, ​dans « Les métamorphoses de l’intime.», Empan, 1/2010 (n°77), où elle montre que » L’intime est une notion à la fois ancienne et moderne. (…) L’intime renvoie étymologiquement à un superlatif latin, « intimus », c’est-à-dire « l’intérieur de l’intérieur, ce qu’il y a de plus intérieur dans l’intérieur ». Aujourd’hui, l’intime ne serai pas le privé. (…) « Mais sa définition a évolué au cours des siècles (…), elle s’est profondément transformée depuis l’après-guerre (…). Ainsi, l’intime du Moyen Âge n’a rien à voir avec celui des Lumières, ou celui du xixe siècle (…) » L’intime et l’intériorité se redéfinissent de façon profonde (…).

Elle défini l’intime et l’intériorité – en tenant compte de l’évolution de leurs sens au fil du temps – selon quatre définitions successives bien distinctes :

  • Le familier. C’est l’intime social, les amis intimes, le privé familial et amical.

  • Le caché. C’est l’intime construit par retranchement progressif de tous les espaces publics, celui qui échappe à la vue, celui de l’étymologie « l’intérieur de l’intérieur ».

  • Le subjectif. C’est le for intérieur, le libre arbitre individuel, la vie intérieure, l’imaginaire, la conscience intime.

  • Le personnel. C’est ce qu’il y a de plus unique dans l’individuel, ce qui est « uniquement privé ».

Les œuvres sélectionnées évoquent ces deux dernières définitions – le subjectif et le personnel – et révèlent l’artiste autant que l’homme. Elles donnent à voir les traces que le peintre y laisse, ce que le peintre « a en propre par rapport à ce qui, dans la sphère privée, est commun, c’est-à-dire public » et à sa « conscience individuelle ».

Accepter de regarder une peinture, c’est accepter / supporter de voir l’artiste, de voir une part intime de lui-même, qu’il veut bien montrer – à travers le prisme de sa démarche artistique – pour dire et révéler quelque chose de personnel et profond, de manière consciente ou non mais délibérée. Ainsi, cet intime “individuel” peut prendre valeur universelle.

Une peinture qui s’expose, qui touche, qui raconte, qui témoigne, qui émeut, qui pique, qui partage, suscite l’empathie, ou pas, en partageant l’intime aujourd’hui devenu public, en lui redonnant sa force poétique, c’est cela que le Sandrine Stahl curatrice de l’exposition souhaite montrer pour cette exposition.

Alors,

« Lorsque vous regardez, ne pensez jamais ce que la peinture (ou n’importe quoi de ce monde) doit être, ou ce que beaucoup de gens voudraient qu’elle soit seulement. La peinture peut tout êre. Elle peut être un clair de soleil en pleine bourrasque. Elle peut être un nuage d’orage. Elle peut être le pas d’un homme sur le chemin de la vie, ou, pourquoi pas  un pied qui frappe le sol pour dire assez . Elle peut être l’air doux et rempli d’espérance du petit matin, ou l’aigre relent qui sort d’une prison. Les tâches de sang d’une blessure, où le chant de tout un peuple dans le ciel bleu ou jaune. Elle peut être ce que nous sommes, ce qui est aujourd’hui, maintenant, ce qui sera toujours. Je vous invite à jouer, à regarder attentivement… je vous invite à penser. »
                                                                                                                   Antoni Tapies  « La pratique de l’art. »

                                                                                                                                                                                                                                                                    Sandrine Stahl