TEXTURES #1

TEXTURES #1

Des mots – Des sons – Des images – Performances

Au cœur de l’exposition 1+1 il y avait l’idée de la rencontre/confrontation entre artistes. Ceux qui y résident mais aussi ceux qui n’y sont pas. Ouvrir le lieu au public mais aussi mettre l’outil à la disposition d’autres esthétiques, démarches et questionnements. On parle ici de mise en lien, de mise en parallèle. Accrocher nos oppositions pour rendre lisible nos points communs. Afficher nos points communs pour révéler nos oppositions. On invite son double, son miroir, son opposé. On crée les conditions de l’aller-retour entre deux œuvres sans forcément d’explication de texte, pariant sur la force intrinsèque de chaque œuvre pour en créer une autre, révélant une dimension supplémentaire.

Certains artistes ont eu envie de pousser encore plus loin cette confrontation autour d’autres médiums, autour d’autres matières. L’utilisation des mots, de leur sonorité, de leur musicalité et des idées/concepts qu’ils véhiculent s’est imposée d’elle-même.

Le Séchoir vous propose le 18 avril, la première édition de TEXTURES, espace artistique temporel consacré aux mots et à l’exploration de tous leurs constituants, dans la perspective de ce que Bernard Heidsieck nommait, dès 1955, « poésie-action » : « rendre actif » le poème en l’extrayant de la page et en le projetant physiquement dans l’espace. Passer de la page imprimée à une autre dimension. Jeanette Zwingenberger rappelle dans un article sur la plasticité du langage (publié en 2012 dans la revue L’Observatoire de l’Art contemporain) que «la première guerre mondiale a généré le Manifeste dada (1918), qui, s’attaquant à la logique, aux comportements, aux discours, aux conventions de l’art et à l’idéologie politique qui ont provoqué cette tragédie européenne, entend ainsi faire tabula rasa de l’ordre établi du langage. L’avant-garde du XXe siècle abandonne le concept de la mimesis, la ressemblance avec le modèle et contribue ainsi à l’éclatement de l’unité de l’image, à laquelle est liée celle du langage. Figures et signes déconstruits sont alors compris dans leurs interactions et leur syntaxe interne, composant un nouvel espace hétéroclite, oscillant entre figuration et abstraction mettant en évidence une cartographie mentale, un processus artistique. (…)La langue avec laquelle nous sommes nés et que nous manions tous les jours, souvent sans y prendre garde, devient alors un espace concret, visible. Cette langue qui existe avant nous et dans laquelle nous nous inscrivons, cette trame qui nous traverse et nous contraint à l’exercice quotidien du chiffrage et du déchiffrage fait naître un espace artistique décalé par rapport à la soi-disant réalité et à ses automatismes, un espace peuplé de signes étranges et de paroles mystérieuses. Les différentes positions artistiques nous plongent dans l’espace sonore et énigmatique de la prime enfance, de « lalangue », selon le mot de Lacan, et nous font toucher la dimension sensorielle de l’intime. A chacun de vivre l’expérience subjective et d’inventer son espace imaginaire ».

Programme

Pour sa première édition TEXTURES s’appuie sur les artistes du Séchoir et leurs
invités dans la continuité de 1+1.

De 19h à 22h

Erik Fryd et Nicolà ARAMU
Performance : finissage en direct du poème graphique démarré lors du vernissage de l’exposition 1+1

De 19h30 à 21h30

Collage Boulevard (Madrid) – “Traverser les miroirs”- 19h30 – 45 mn
Groupe de Coco Bernard, invitée par Sandrine et Matthieu Stahl à venir faire découvrir son univers poétique sonore.

PJ@MelloR – Petite Chapelle – 20h30 – 45mn
Sandrine Stahl, André Maïo, Matthieu Stahl invitent à leur côté Guillaume Di Lelio pour une mise en textures sonores d’un texte de Coco Bernard, écrivaine madrilène. Une performance Petite Chapelle revisitée.

De 19h à 23h

Visite de l’exposition 1+1 et des ateliers du Séchoir

Entrée gratuite, sortie au chapeau